13 janvier 2014

Tous des samouraïs !

Le temps d’un vol long courrier, j’ai redécouvert le film « Le dernier samouraï ». Plus de deux heures à revisiter une culture, des valeurs, une identité millénaire. Au delà du scénario, il s’agissait pour moi de sortir de l’histoire du film pour entrer dans notre monde dit moderne, mais sans spiritualité si ce n’est le religianisme planétaire qui pousse au crime, voire aux génocides.

Comment ne pas établir de parallèle en essayant de ne pas tomber bien vite dans l’angélisme d’un moment mais bien identifier les soubassements de ce que fait une société ?

Est-ce que vouloir conserver son identité, c’est l’opposer aux autres identités ? Est-ce qu’être attaché à ses valeurs, c’est se mettre en marge ?

Peut-on bâtir une société au 21e siècle sans dénaturer son histoire, sans renier ses origines ? Peut-on vivre avec et dans la diversité sans qu’un groupe puisse imposer un mode de vie ou de pensée à l’autre ?

Pourtant, lorsque l’on regarde chez nous et autour de nous, c’est bien de cela qu’il s’agit. Nous sommes à un tournant de l’histoire où les peuples semblent perdus, manquent de boussole politique et de voie à suivre avec un libre arbitre pour décider du chemin qu’ils veulent emprunter.

Qui peut croire que les démocraties qui fondent leur nid sur l’ignorance des peuples peuvent durer et ne pas se transformer en dictatures d’un genre nouveau, à savoir la populocratie ? Facialement moins brutale mais tellement nocive dans la durée.

Samouraï veut dire servir. Ce peuple dans son histoire n’a fait que cela pour l’Empereur du Japon pour sauver non seulement le trône de l’empereur  mais surtout son histoire, ses valeurs et transmettre sa culture pour le bien-être des citoyens japonais et ce contre les nations hégémoniques de l’époque.

Le parallèle ici est de nature à simplement poser la question : qui pourraient être les samouraïs d’aujourd’hui qui se lèveraient pour défendre les valeurs fondamentales et universelles qui sont en danger à travers le monde et chez nous ?

Plus proche de nous, on voudrait nous faire croire que la démocratie a parlé avec le printemps arabe. Que nenni ! C’est le désarroi, la misère sociale et la rupture avec le personnel politique qui ont mis le feu aux poudres pour aboutir à ce à quoi nous assistons aujourd’hui.

Lorsque votre chemin ressemble à un tunnel dont vous ne voyez jamais la fin, inutile de penser que la partie rationnelle de votre cerveau va prendre le dessus sur la partie émotionnelle.

A l’obscurité du tunnel, on a ajouté l’obscurantisme politique…

Ce modèle ne peut avoir sa place dans un monde épris de liberté. Il existe d’autres voies possibles.

Point de sabre pour combattre mais des idées, des combats intellectuels, de l’éducation et des votes. Mandela disait, « one man, one vote » : un homme, une voix.

Il s’agit ici d’éduquer, de former des citoyens capables de déterminer en conscience le chemin qu’ils veulent emprunter pour vivre dans une société où chacun aura sa place, avec ses différences raciales, culturelles, religieuses. Le Maroc est pluriel. Sa judaïté, son islamité, son arabité, son amazighité et j’ajouterai, une nouvelle identité qui a du mal à assumer sa différence, la diaspora marocaine qui rentre au pays.

Le choix n’est pas entre religion ou laïcité, modernité ou archaïsme, mais entre liberté et liberté. Ne pas chercher à opposer mais à unir.

Nous aussi, nous pouvons bâtir une nation arc-en-ciel.

Le monde a changé, les citoyens aussi. Ils aspirent à vivre leurs libertés acquises, ils veulent décider eux-mêmes de ce qui est bon pour eux ou non, ils n’ont pas besoin que l’on structure leur environnement de vie pour retomber dans une prison virtuelle et dans un terrorisme cultuel et intellectuel.

Ce terrorisme est en train de s’installer… si nous n’y prenons pas garde.

Il est temps d’éduquer, il est temps de libérer l’homme pour libérer la société.

Nous sommes tous des samouraïs car nous aimons notre pays, nous sommes des patriotes. Un patriote ne détruit pas, il construit avec toute personne quelle que soit sa différence

Apprendre à vivre sans ennemi est le début de la sérénité, apprendre à vive avec eux, c’est le début de la sagesse.

Défendre un idéal commun, un rêve pour tous, voilà pourquoi nous devrions tous être des samouraïs.

J’aime mon pays, je suis un samouraï.