Le 05 oct 2010

Partis politiques, finkoum ?

Le monde bouge, les modèles de développement économiques et sociaux sont en pleine évolution, sinon en totale remise en question. L’Europe est en quête de sens, de leaders capables de lui donner une direction qui soit adoubée par tous. La crise récente (qui n’est pas encore arrivée à son terme) a montré les limites du tout capitalisme et, en même temps, une certaine difficulté à en sortir car la démocratie, c’est aussi la liberté d’entreprendre, de créer, et d’innover.

Parallèlement, nous pouvons observer que dans la plupart des pays en crise, la classe politique, quelles que soient ses idées, initie des débats sur les sujets qui feront son architecture sociale. En un mot, dans les démocraties, les politiques contribuent à la transformation de leur nation et deviennent des acteurs de leur avenir. Bien que la mondialisation s’impose à tous, il nous appartient d’en atténuer les effets en fonction des choix que nous pouvons faire et qui auront un impact certain sur plusieurs générations.

La politique, c’est avoir des convictions et vouloir les partager pour construire un projet collectif, même si les desseins personnels peuvent guider leurs auteurs. L’essentiel est d’avoir une ambition pour et dans l’espace dans lequel nous évoluons.

2012, c’est demain. Nous avons besoin que nos partis politiques sortent du gué pour nous proposer un choix de société, un nouveau contrat social. Aujourd’hui, le vide sidéral en matière de vision et de projet est plutôt inquiétant.

Nous attendons les partis politiques sur les choix que nous devons faire. S’agissant de la construction d’un nouveau modèle social pour notre pays, à l’heure des chantiers, des projets à venir, il nous faut redéfinir la place du citoyen dans ce développement ainsi que sa contribution.

Où sont les propositions des partis politiques sur les retraites, sur l’indemnité perte d’emploi, sur le droit à la grève ou le système de santé auxquels chaque Marocain aspire et rêve depuis longtemps ?

Où sont les projets éducatifs qui donneraient réellement des chances à tous, sans discrimination par l’argent, et ou l’on trouverait tous les enfants y compris ceux de nos leaders politiques et de notre élite ?

Quel débat avons-nous sur nos équilibres de développements ? Le triptyque du développement durable (économique, social et environnemental) a-t-il le même sens pour tous ?

Cela fait bientôt un an que Sa Majesté nous a tous invités à réfléchir sur un nouveau contrat social. Pas de son, pas d’image depuis. Aucun débat et pas une once d’avancée sur le sujet. Une réflexion de fond doit être lancée.

Dans cet esprit, il nous faudra repenser le dialogue social tripartite car, dans sa forme actuelle, il est caduc. Le dialogue social ne doit pas être un rendez-vous politique mais un état d’esprit selon lequel l’entreprise et les partenaires sociaux règlent leurs problèmes au quotidien et directement en face à face. En l’espèce, l’Etat ne peut qu’être un acteur de régulation. L’Etat employeur doit pouvoir gérer ses problèmes dans les mêmes conditions. Le rendez-vous politique du dialogue social ne peut servir qu’à définir les orientations d’un modèle social à construire ou à faire évoluer en fonction du débat politique.

C’est aussi un sujet sur lequel nos partis politiques doivent nous proposer des orientations pour construire les contours de ces nouvelles relations sociales.

Messieurs les politiques, nous avons besoin de vous pour débattre, dessiner une route que chacun pourra prendre à son rythme et en toute sécurité. Vous avez besoin de nous, pour échanger et vous donner les clés pour nous conduire. Certes, ce n’est pas un job facile, mais vous l’avez choisi et vous devez en assumer les avantages et les inconvénients.

Il y des choix difficiles, mais un gap important doit être franchi si vous aspirez à conduire notre avenir en 2012. Aujourd’hui, il existe toute une génération qui a des convictions et qui a envie de les voir portées par des hommes charismatiques, qui portent ses valeurs et ses idéaux, et qui la fasse rêver.

Nous voulons vivre avec notre temps. Notre Monarque est jeune, notre population est jeune, le paradigme du monde est différent en 2010 et nécessite un nouveau « logiciel » pour aborder les problèmes d’aujourd’hui et ceux de demain. Dans cette acception de jeunesse, ne voyez point de jeunisme primaire mais davantage l’état d’esprit qui doit guider la transformation de notre pays. Dans ce cas de figure, la discrimination est plutôt positive,dans les deux sens…

Messieurs, montrez-vous, faites-nous part de vos idées, de vos positions sur les sujets du Maroc de demain. N’attendez pas 2012, il sera trop tard.

Si j’osais paraphraser une phrase célèbre et une campagne de publicité d’actualité, à la question « Partis politiques, Finkoum ? », je répondrais : « Le plus beau pays du monde est prêt à vous accueillir .»


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