Le 11 oct 2011

On doit voter… Mais pour qui et pourquoi ?

Le monde bouge, les modèles de développement économiques et sociaux sont en pleine évolution, sinon en totale remise en question. L’Europe est en quête de sens, en quête de leaders capables de lui donner une direction qui soit adoubée par tous.

La crise récente (qui n’est pas encore arrivée à son terme) a montré les limites du tout capitalisme et, en même temps, une certaine difficulté à en sortir car la démocratie, c’est aussi la liberté d’entreprendre, de créer et d’innover.

Parallèlement, nous pouvons observer que dans la plupart des pays en crise, la classe politique, quelles que soient ses idées, initie des débats sur les sujets qui feront son architecture sociale. En un mot, dans les démocraties, les politiques contribuent à la transformation de leur nation et deviennent des acteurs de leur avenir.

Bien que la mondialisation s’impose à tous, il nous appartient d’en atténuer les effets en fonction des choix que nous pouvons faire et qui auront un impact certain sur plusieurs générations.

La politique, c’est avoir des convictions et vouloir les partager pour construire un projet collectif, même si les desseins personnels peuvent guider leurs auteurs. L’essentiel est d’avoir une ambition pour et dans l’espace dans lequel nous évoluons.

Aujourd’hui, au Maroc, nous assistons à un spectacle qui ne grandit pas les politiques à l’heure où notre pays doit transformer en projet de société, une constitution historique.

Rappelons d’abord que cette constitution est née d’un SOS de toute une jeunesse et d’un peuple qui a exprimé son ras le bol de l’injustice économique et social et de l’absence de visibilité quant à son avenir.

Tous nos indicateurs sociaux sont au rouge alors que ceux relatifs à l’économie serait au vert. N’est-ce pas là un paradoxe et un non sens. N’est-ce pas là l’expression d’un échec politique patent ?

C’est pourquoi nous nous devons de voir en face cette réalité qu’est l’état de notre société et de réagir dans l’urgence pour adresser ces sujets qui ont été à la base de cette révolte salutaire pour notre pays.

Cette constitution a vu le jour par la conjugaison d’événements conjoncturels et d’un chef d’Etat qui a été à l’écoute des citoyens. Les combats des partis pour politiques historiques qu’ils soient, n’ont pas réussi à aboutir aux mêmes résultats en 40 ans voir en 10 ans. Par contre, ils sont et seront les seuls à bénéficier de cette constitution qui leur donne beaucoup de pouvoirs. Mais sauront-ils l’utiliser à bon escient ? Ont-ils bien compris que leur mission était de servir et non de se servir ?

Au lieu de voir là une opportunité de transformation du pays, de bâtir un projet de société moderne et juste pour tous, ils s’attachent à s’occuper de leurs avenirs personnels, et de nous laisser en rase campagne. Ma conviction est que cette constitution est une véritable voiture de course, tout le monde veut la piloter mais véritablement, ils n’ont pas le permis pour la conduire…..

La démocratie est un mot trop utilisé pour que cette « élite » comprenne réellement ce dont il s’agit. A vrai dire, sous couvert de vouloir répondre aux normes internationales et aux pratiques de certains pays influents, on se permet tout et son contraire pour donner l’illusion que nous sommes un bon élève. Notre référence n’est ni l’occident ni l’orient. Il faut nous inventer notre propre modèle car notre histoire, notre culture, nos modes de vies sont au carrefour de toutes ces influences..

D’un côté, nous savons que nous n’allons pas accoucher d’une nouvelle élite en 5 mois mais au moins un peu de décence et surtout de la conscience politique pour des hommes qui se disent au service du citoyen… et qui souhaitent nos suffrages.

Les images que nous avons aujourd’hui correspondent davantage à un souk politique qu’à l’expression de la démocratie telle que tout un peuple est en droit d’attendre. Je voudrais rappeler ici que plus de 65 % de la population à moins de 35 ans….

Le paradigme de cette jeunesse est totalement à l’inverse de la classe politique actuelle et que faire du jeunisme primaire n’est pas la réponse approprié.

Le hold-up qui vient d’être fait par la classe politique de l’initiative du peuple marocain qui a voté en majorité la constitution pour bâtir un avenir démocratique et surtout des droits sociaux nouveaux est tout simplement inacceptable et pourrait être dramatique après les élections de novembre, si d’ici là, il n’y aurait pas de sursaut.

Aujourd’hui, l’information circule vite et par différents canaux. Cela veut dire que tout peut basculer.

J’exhorte nos partis politiques à nous donner du sens et se comporter en véritable homme d’Etat. Ils porteront devant l’histoire le fait d’avoir raté une transition initiée par et pour le peuple marocain.

Nous avons besoin que nos partis politiques sortent du guet pour nous proposer un choix de société, un nouveau contrat social. Aujourd’hui, le vide sidéral en matière de vision et de projet est plutôt inquiétant.

Nous attendons les partis politiques sur les choix que nous devons faire. S’agissant de la construction d’un nouveau modèle social pour notre pays, à l’heure des chantiers, des projets à venir, il nous faut redéfinir la place du citoyen dans ce développement ainsi que sa contribution.

Où sont les propositions des partis politiques sur les retraites, sur l’indemnité perte d’emploi, sur le droit à la grève ou le système de santé auxquels chaque Marocain aspire et rêve depuis longtemps ?

Où sont les projets éducatifs qui donneraient réellement des chances à tous, sans discrimination par l’argent, et où l’on trouverait tous les enfants y compris ceux de nos leaders politiques et de notre élite ?

Quel débat avons-nous sur nos équilibres de développement ? Le triptyque du développement durable (économique, social et environnemental) a-t-il le même sens pour tous ?

Messieurs les politiques, nous avons besoin de vous pour débattre, dessiner une route que chacun pourra prendre à son rythme et en toute sécurité. Vous avez besoin de nous, pour échanger et vous donner les clés pour nous conduire. Certes, ce n’est pas un job facile, mais vous l’avez choisi et vous devez en assumer les avantages et les inconvénients.

Aujourd’hui, il existe toute une génération qui a des convictions et qui a envie de les voir portées par des hommes charismatiques, qui portent ses valeurs et ses idéaux, et qui la fasse rêver.

Nous voulons vivre avec notre temps. Nous avons la chance d’avoir un pays jeune, le paradigme du monde est différent en 2011 et nécessite un nouveau « logiciel » pour aborder les problèmes d’aujourd’hui et ceux de demain.

Nous nous devons d’entrer dans une nouvelle ère. Celle de la responsabilité individuelle et collective avec tous les attributs de la démocratie économique, sociale et politique.

Messieurs, montrez-vous, faites-nous part de vos idées, de vos positions sur les sujets du Maroc de demain. N’attendez plus, demain il sera trop tard.

Alors, si je dois voter, dites-moi pour qui et pourquoi ?


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2 réflexions au sujet de « On doit voter… Mais pour qui et pourquoi ? »

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