Le 26 mai 2011

Maroc, ta jeunesse part en free style

Pour la première fois en 14 ans de Maroc, je suis inquiet, dépité et contrarié alors que d’aucuns pensent que demain on va raser gratis…

Autant, j’ai été séduit par la dynamique et l’élan des jeunes qui ont initié un mouvement le 20 février pour faire passer un message fort ( en tout cas tel que moi, je l’ai compris) : Stop, nous ne voulons pas être la génération sacrifiée. Nous voulons notre dignité par une bonne éducation, une politique de formation efficace, de l’emploi durable, un système de santé accessible et une justice pour tous. Ce sont là des thèmes que je n’ai cessé d’aborder depuis 14 ans à travers mes écrits, mes prises de paroles, c’est vous dire comment je suis à l’aise avec cela et donc point d’opportunisme de ma part, les archives sont là pour en témoigner.

Je savais que la connexion entre l’élite politique, économique et sociale avec la jeunesse, était rompue depuis longtemps et que les chantiers sont immenses. Mais en assistant aux Assises de la jeunesse à Bouznika, j’ai découvert une jeunesse qui était venue pour en découdre avec les acteurs présents, qui souhaitaient entamer un dialogue et faire part de leurs propositions, certes tardives, mais néanmoins concrètes. Une jeunesse virulente, pour ne pas dire violente dans le propos et dans son physique. J’ai essayé de comprendre et à leur corps défendant, les raisons sont plus que nombreuses.

Mais enfin, notre pays est à construire, et pour cela, il faut sortir de la dynamique de conflit pour entrer dans celle du compromis, il faut s’écouter et se respecter, il faut partir du principe que maintenant, nous n’avons plus le choix que de rentrer dans un modèle nouveau avec des valeurs nouvelles.

Moi, qui ai l’habitude de me battre, d’essayer modestement d’agir et de faire des propositions concrètes, ce jour là, j’ai eu peur. Non pas physiquement. Mais peur de l’avenir, peur de ne pas trouver d’interlocuteur objectif, avec le recul nécessaire et avec de véritables convictions qui ne pourraient souffrir d’aucuns doutes de manipulation.

Une démocratie n’est pas l’anarchie et je nous demande d’être vigilent et d’alerter les pseudos pompiers à ne pas devenir des pyromanes.

La classe politique a fait un véritable hold-up de la dynamique des jeunes qui a démarré le 20 février en orientant le débat davantage sur le politique (bien évidement nécessaire) mais à totalement éclipsé, le vrai sujet qu’est le modèle social tant réclamé par ces jeunes et leurs familles.

Nous passons pour être exemplaire actuellement dans la région : Alerte rouge, nos jeunes sont en free style et le populisme des politiques qui gèrent le pays par la dictature de la rue, ne nous rendent pas service pour l’avenir.

Il nous faut apporter des réponses concrètes, tout en expliquant, que par nature le changement met du temps et cela à condition de ne pas exploiter le temps pour dévier du projet d’origine.

Aux jeunes, je dis, OUI nous devons changer les choses mais dans l’écoute, le respect et dans l’échange et à nous autres, plus d’efficacité et de rigueur et d’exemplarité et de n’avoir qu’un seul agenda : L’avenir de notre pays avec toutes ses composantes.

Ainsi, sera le Maroc du futur, plus juste, plus serein et plus prospère.


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2 réflexions au sujet de « Maroc, ta jeunesse part en free style »

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