6 décembre 2013

Les langues au service de la compétence !

A l’heure de la mondialisation, de la circulation des biens et des personnes, de l’accélération des changements dans nos environnements, des enjeux auxquels doivent faire face les entreprises seuls acteurs de la croissance pour générer de l’emploi et permettre ainsi un développement juste et durable, il est crucial pour la société et les acteurs politiques de mettre le capital humain au centre de tout progrès.

Partant de ce postulat, il nous faut accepter que l’entreprise doive s’entourer de talents pour rester compétitive et continuer à exister. Pour cela, elle nécessite d’intégrer de la compétence à toutes les strates de son organisation. Qui dit compétence, dit : savoir être, savoir faire, faire savoir et savoir communiquer.

C’est pourquoi, si nous devions redéfinir l’analphabétisme de nos jours et dans notre environnement, en dehors des éléments classiques, nous intégrerons la communication en général et l’incapacité d’un individu à maitriser plusieurs langues en particulier.

Partant du principe qu’une entreprise commerce avec le monde, elle doit être en capacité de communiquer dans les meilleures conditions.

Dés lors, comment ne pas faire le lien dans notre pays entre le déficit de nos échanges et nos compétences linguistiques. En effet, apprendre une langue ce n’est pas simplement enrichir son vocabulaire mais bien entrer en communication avec une culture, des pratiques, des codes qui vous aident à mieux appréhender les marchés et faciliter la relation avec vos interlocuteurs pour développer votre activité et créer de la richesse.

Sur ce volet, force est de constater que nous avons un retard important sur l’enseignement des langues et les dernières réformes ont été catastrophiques.

Nous échangeons avec l’Europe et nos jeunes ne sont pas totalement en maitrise ni du français et encore moins de l’anglais. Que dire du mandarin pour celui qui veut développer des relations avec le premier marché mondial qu’est la chine ?

La formation aux langues n’est pas une soustraction par rapport à la langue maternelle mais bien un élément de richesse culturelle supplémentaire qui a un impact social et économique majeur.

Il est temps de dépasser nos complexes pour mieux additionner nos forces et créer les conditions de réussite de nos enfants et par voie de conséquence, celle de nos entreprises.

L’arbitrage aujourd’hui, n’est pas entre nos langues nationales et le reste du monde mais bien entre s’isoler et s’ouvrir.

Promouvoir l’amélioration des compétences linguistiques des nos jeunes qui vont devenir nos salaries, des entrepreneurs, des leaders politiques, des hommes d’arts et de cultures doit devenir une priorité d’intérêt public.

Le rayonnement d’un pays se mesure aussi à la place que lui donne ses ambassadeurs du monde économique en particulier.

Il est urgent de mobiliser les autorités et l’ensemble des acteurs politiques pour bâtir une vraie vision politique pour un dessein économique et culturel.

A quoi servent nos accords de libre échanges, si nous ne sommes pas en capacités de de dialoguer et de commercer dans une langue qui nous est commune?

Ne peut-on faire un lien entre nos déficits commerciaux et notre incapacité a communiquer et bien vendre nos savoir-faire? La compétitivité ne se résume pas qu’au prix de revient d’un produit mais également a son écosystème …

Notre manque de vison globale, pour ne pas dire d’épicier qui consiste a ne voir que le résultat immédiat, nous pénalise dans notre politique de développement.

Tant que nous ne bâtirons pas sur la compétence de notre capital humain qui est la véritable source de développement, d’innovation et par conséquent, de création de richesses, notre pays manquera toujours de ces points de croissances qui feront, que nous deviendrons un pays développé.

Regardez plutôt nos incohérences! Un plan azur pour développer le tourisme au Maroc qui ne prévoit pas et qui n’objective pas de former des milliers personnes aux langues des pays ciblés ne peut être qu’un plan incomplet. Nous voulons de nouveaux touristes Russes, chinois, anglais, américains, italiens et j’en passe. Combien de nos salariés dans le tourisme sont en maîtrise des langues ne serait-ce que l’anglais qui est une langue commune a toutes ces cibles.

Les paysages seules ne suffisent plus pour attirer et faire revenir des touristes, ils leurs faut entrer en communication avec leurs hôtes…..

Chacun aura compris, que le temps est venue de passer de l’incantation à l’action durable et ce dans un souci d’efficacité pour mettre notre pays à la place qui lui revient et donner la chance aux générations futures de construire leurs vies avec un maximum de chance.

Charité ordonné commençant par soi-même, je souhaite dessiner quelques pistes déjà éprouvés ailleurs pour contribuer modestement à ce futur projet éducatif et en particulier sur le volet linguistique.

Tout d’abord, il y a un préalable politique qui me semble incontournable. Les tergiversations historiques des partis politiques sur le sujet linguistique ont conduit au désastre que nous connaissons actuellement. Il me semble vitale avant d’aller vers des des réformes, que tous les partis politiques signent une charte sur l’enseignement des langues et s’engager à ne pas donner de dimension dogmatique durant leurs mandat politiques.

Utiliser les langues comme un enjeu de pouvoir c’est réduire la nation et son développement a un territoire de jeu local alors que nos enjeux sont mondiaux avec une dimension économique et social majeur au 21 eme siècle.

L’objectif est de restaurer l’importance des langues dans notre enseignement et de remettre en cause un certain nombre d’idées reçues.

Pour cela, nous pourrions initier un vaste plan « LOUGHA 2025″ qui consisterai à se fixer un objectif et des actions concrètes pour y arriver.

100 % des bacheliers en maîtrise du français et de l’anglais en 2025

Pour cela, il faudra commencer par une vaste campagne d’information des élèves et des familles sur l’intérêt de l’apprentissage des langues étrangères dans la construction de leurs avenirs professionnels et dans l’intérêt du pays.

Du côté de l’éducation nationale, il serait intéressant d’apporter des innovations dans les cursus de scolarité de nos enfants:

1. Promouvoir les contacts directs avec la langue et le dialogue avec d’autres pays dès le plus jeune âge

2. Développer les sections européennes et filières bilingues, y compris au sein des filières professionnelle

3. Développer les évaluations linguistiques tout au long de la scolarité du primaire au collège et au lycée

4. Doter l’élève d’un passeport langues dés le primaire pour valoriser son apprentissage

5. Généraliser l’apprentissage d’au moins deux langues, dans les filières comme le tourisme ou le commerce international

6. valoriser les possibilités offertes par Internet pour l’auto apprentissage des langues

Toutes ces actions demanderont un effort budgétaire certains et c’est pour cela que tout en réduisant le coût du travail, il faudra inéluctablement une contribution des opérateurs économiques afin que notre ambition puisse se réaliser. Une révision de la taxe de formation pourrait être révisé a la hausse pour accompagner cet ambitieux a vocation économique et societal.

La compétence est un ensemble de savoir. Le savoir communiquer consiste a créer les conditions d’interagir avec l’autre, les langues sont l’une des compétences nécessaire pour le faire dans les meilleurs conditions pour toutes parties prenantes.

Pour conclure, je citerai Séneque, pour dire qu’il n’y pas de vent favorable pour celui qui ne sait ou aller.

Aujourd’hui, nous connaissons nos maux et leurs origines. Notre pays a de grandes ambitions pour donner à chacun sa juste place et nous savons que cela ne se décrète mais se prépare avec de la volonté et du courage politique.

Nous avons tous et de tous bords la volonté, il est temps de stimuler le courage politique.