Le 28 nov 2013

Les 34 mesures pour l’Emploi

emploi Tout le monde s’accorde à dire que le chômage est devenu une priorité nationale, que la situation ne peut plus durer mais l’absence de dynamique nationale ces dernières années ne nous laisse augurer aucun espoir particulier.

Pourquoi cet immobilisme sur la question de l’emploi? Pourquoi en sommes-nous là ?

La situation actuelle est le fruit d’un ensemble de maux qui gangrènent la société économique marocaine et qui confirment l’absence d’implications du politique sur le sujet du chômage, et ce pour des raisons connues de tous et sur lesquelles je ne reviendrai pas.

Il est temps aujourd’hui de mettre cette préoccupation au centre des préoccupations de l’ensemble des acteurs de notre pays – en particulier les opérateurs économiques et politiques – et de les mettre en face de leurs responsabilités.

Nous ne pouvons plus mettre notre destin entre les mains des seuls investisseurs étrangers, Ils sont importants pour l’avenir de notre pays, mais ils doivent être également relayés par une dynamique nationale que je pourrais appeler «le civisme économique» : investir, payer ses impôts, créer des emplois durables, respecter la législation en vigueur et installer un climat de confiance avec les partenaires sociaux, les salariés et l’administration.

Si le civisme économique est un devoir pour les opérateurs, ceux-ci ont un droit qui doit être garanti par le législateur et appliqué par l’administration. Le droit de pouvoir commercer dans un environnement juridique sain, des règles concurrentielles transparentes et des recours simples et efficaces.

D’une part, l’absence totale de confiance qui existe aujourd’hui entre le monde économique et l’administration a généré des réglementations en dehors de toute cohérence et logique économique, générant ainsi un climat de méfiance au quotidien.

D’autre part, les syndicats ont trouvé là un terrain fertile au développement de l’anarchie sociale.

Enfin,la démission du politique sur la question de l’économie en général et de l’emploi en particulier n’a fait qu’empirer la situation.

Comment dans ces conditions être un opérateur dynamique et civique?

Cette absence de dialogue ne peut non seulement pas perdurer, mais elle est un frein à toute logique nouvelle pour inventer notre propre système économique.

Le discours revendicatif permanent du patronat sans contrepartie visible en matière d’emploi n’a fait que renforcer l’immobilisme dont nous sommes victimes aujourd’hui.

Il est urgent de rétablir cette confiance entre le monde économique, l’administration et les partenaires sociaux pour lutter efficacement et durablement pour la création d’emploi.

Il faut que chacun joue pleinement son rôle, Il faut que chacun accepte l’autre comme un partenaire et non comme un ennemi.

Il est important pour nous de montrer une image mobilisée pour que celle-ci soit porteuse d’espoir, pour que nous soyons tous engagés vers cette création de richesses qui, de fait, crée de l’emploi.

Il nous faut absolument comprendre que seule l’entreprise crée de la richesse dans notre pays et que l’emploi ne peut se faire par décret.

Je reste pour ma part convaincu que si nous le voulons, nous pouvons réussir à redonner confiance et à créer des emplois qui permettront à notre pays de développer une classe moyenne capable de consommer et de générer à son tour de la richesse qui créera des emplois.

Partant du principe que l’entreprise est le seul moteur du progrès social, il faut lui créer les conditions de cette réussite pour que la société puisse bénéficier de l’ensemble de ce résultat.

Pour cela, il faut permettre à l’entreprise, par des moyens nouveaux, de recruter des jeunes diplômés, développer la formation et donc employabilité de ses collaborateurs.

Il faut réinventer une nouvelle forme d’intermédiation dans le cadre du marché du travail, il faut que la flexibilité soit mieux organisée et rendue accessible aux entreprises. Le monde a changé et l’économie est un grand espace sans frontières où il faut cesser de s’adapter pour survivre.

L’emploi à vie est d’un autre âge et il nous faut l’expliquer pour éviter des sit-in de détresse.

Sachant que 98 % de notre tissu économique est composé de PME-PMI et que bon nombre d’entre elles sont loin d’avoir la mise à niveau nécessaire,elles doivent comprendre aujourd’hui que la gestion d’hier doit avoir une fin.

Cette fin doit se traduire par ce civisme économique qui permettra à l’État d’avoir davantage de moyens et d’éviter de pressurer toujours les mêmes.L’élargissement de l’assiette fiscale et sociale est un débat qui doit cesser.

L’éthique est un préalable. Bon nombre de chefs d’entreprise sont non seulement égoïstes mais hypothèquent l’avenir d’une jeunesse et d’une nation qui aujourd’hui s’est résolument engagée dans le changement.

Une génération d’entrepreneurs doit cesser d’entreprendre pour qu’une nouvelle émerge et entreprenne !autrement et durablement.

La mondialisation impose un rythme à l’entreprise qui la pousse à s’adapter en permanence. C’est pourquoi le législateur doit être formé à la question économique pour mieux en saisir les enjeux et permettre ainsi aux entreprises de s’adapter.

Qu’on le veuille ou non, la notion de contrat de travail évolue. Le concept de l’emploi à vie ne peut plus exister. La flexibilité n’est plus un débat, mais bien une exigence pour le service de l’entreprise.

Pour autant, cette flexibilité ne peut et ne doit se faire en précarisant les salariés.

Trop peu d’entreprises déclarent la totalité de leurs salariés [moins de 900 000 sur 12 mois consécutifs, trop peu d’entreprises respectent la totalité des droits des salariés et, de ce fait, concourent à maintenir un climat de méfiance avec les partenaires sociaux.

Les partenaires sociaux doivent jouer leur rôle de protection des droits des salariés et engager les démarches nécessaires lorsque ceux-ci sont bafoués.

Les difficultés actuelles de certains secteurs d’activité prouvent bien la réalité de ces propos. En même temps, elles nous donnent suffisamment de motivation pour pouvoir bâtir un nouveau modèle centré sur un seul élément: la négociation.

  • La négociation avec les partenaires sociaux sur une vision nouvelle de l’entreprise.
  • La négociation avec les chefs d’entreprise sur la notion de civisme économique.
  • La négociation avec l’État qui doit rester dans son rôle d’organisateur, de facilitateur.

Si nous nous mettons tous d’accord pour dire que notre pays ne peut pas reproduire systématiquement les mêmes schémas d’organisation, de réglementation des pays occidentaux, que nous ne pouvons rester sans règles, alors nous pourrons commencer à avancer.


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2 réflexions au sujet de « Les 34 mesures pour l’Emploi »

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