Le 06 jan 2010

La citoyenneté de la diaspora, une question de bons       sens !

Parce que cette question est éminemment politique et sensible, elle doit être traité avec objectivité et rationalisme en laissant les calcules politiciens et la quête de strapontins de côté. Si de plus nous y ajoutons de l’émotionnel alors, nous assisterons à un débat stérile.

De quoi parle-t-on ? Le droit de vote des membres de la diaspora marocaine.

Non seulement, c’est une question légitime et de plus, c’est un droit constitutionnel. D’ailleurs, ce droit a été utilisé lors du vote de la révision de la constitution. Que dit –elle ?

Ce droit a été exprimé dans les années 80 avec les résultats que l’on connait ou plutôt les dérives qui ont été constatées, à telle enseigne, que depuis, aucune consultation de la diaspora n’a eu lieu.

Clairement, cela veut dire, que la difficulté n’est pas dans l’organisation de ces consultations mains bien dans la démarche qui consiste à construire une dynamique de représentation sérieuse et durable au sein de nos institutions.

Pour ma part, dès 2002, soit 5 ans après mon atterrissage à Casablanca, j’ai écrit une lettre ouverte au premier ministre de l’époque dans la presse pour exprimer et demander ce droit de vote qui me semble tout à fait normal, eu égard au poids économique et aux différentes sollicitations auprès de la diaspora pour venir investir et contribuer ainsi, au développement du Maroc.

Bien arrimé dans le paysage socio-économique et pas dans le politique, j’ai muri sur cette question, en insistant toujours sur le droit à la représentation de cette diaspora mais avec un regard plus objectif sur les lieux d’expression de cette représentation. J’ai la chance de retourner très souvent dans mon autre bled et de discuter avec mes amis, des jeunes et des moins jeunes. Modestement, je peux vous dire que les problèmes qu’ils expriment ne sont pas le droit de vote proprement dit mais une reconnaissance de leur statut, de leur droit à la différence et de leurs problèmes bassement matériels et sociaux pour les plus âgés.

Les 3 ème et 4 ème générations sont ailleurs…..

Les expériences étrangères sont nombreuses pour nous permettre de nous inspirer et ce faisant, de créer un schéma de représentation qui soit durable et efficace pour que cette diaspora puisse donner son avis sur les évolutions du projet de société auquel appelle de tous ses vœux sa Majesté le Roi. Mohamed VI.

En effet, depuis l’avènement de son règne, il a toujours mis en exergue le fait que cette diaspora était dans la nation marocaine et non en dehors et qu’il souhaite que celle-ci puisse s’exprimer pour faire de ce nouveau Maroc, un pays prospère et équitable. Il nous appartient de proposer un modèle aujourd’hui.

Il existe aujourd’hui, plusieurs institutions qui ont vocation à conduire des politiques nationales soit en terme législatifs ou consultatifs.

La 1 ère chambre, la 2 ème chambre, le ministère des MRE, la fondation Hassan II, le CCME et bientôt le Conseil économique et social.

Si je prends l’exemple du système français, et en tant que franco-marocain, aujourd’hui, j’ai la possibilité de voter aux présidentielles et aux européennes et pour un référendum. S’agissant des législatives, j’ai la possibilité de voter dès lors que je suis inscrit régulièrement dans ma circonscription d’origine, c’est-à-dire, la ville de Dreux dans l’Eure et loir.

Les élections présidentielles et européennes sont un référendum qui engage l’avenir d’une nation, et il est tout à fait normal de pouvoir donner son avis en tant que citoyen d’un pays et ce quelque soit son lieu de résidence au moment de la consultation.

En ce qui concerne, les législatives, la diaspora ne peut être concerné par un vote concernant la construction d’une autoroute ou un nouveau schéma industriel.

Si nous revenons, à la problématique de la diaspora marocaine, il nous faut créer un modèle de représentation et en particulier au sein du conseil économique et social, de la deuxième chambre à l’exemple du sénat en France, ou il existe des sénateurs qui représentent les français de l’étranger, voir de la fondation Hassan II ? S’agissant du CCME, il est par définition, une instance de représentation.

L’opportunité du conseil économique et social (CES) doit être l’occasion non seulement d’y avoir des représentants mais de créer formellement une commission qui sera chargée des questions qui concerne la diaspora et qui devra travailler en concertation avec la fondation Hassan II, le ministère des MRE et le CCME. Avec un geste fort comme celui-ci, nous montrerons et les politiques montreront qu’enfin la diaspora a sa place dans le débat national et que ce n’est pas une question estivale. En ce qui concerne, la deuxième chambre, il faudra trouver un montage équilibré à l’image des modèles de pays développés, pour installer une représentation de la diaspora sachant que celle-ci est concentrée en Europe à 80 %.

S’agissant de la chambre des représentants, à mon humble avis, je pense, que cela n’a aucun sens d’organiser une représentation au sein d’une institution qui légifère pour la vie quotidienne des marocains et des marocaines. Si le Conseil Economique et Social fonctionne efficacement avec les autres instituions, il pourra influer sur le législatif pour faire voter des lois, dès lors qu’elles impacteront les membres de la communauté vivant à l’étranger. On ne vote pas sur un texte qui concerne Ouarzazate si on habite à Dreux….

Je sais que cette question est difficile mais je reste convaincu, que la sagesse des uns, la rigueur intellectuelle des autres, le sens politique ainsi que le sens de l’intérêt général, l’emportera pour bâtir une communauté avec ses différences mais avec un lien indéfectible, sa marocanité. L’attachement au pays d’origine se nourrit autrement que par un droit de vote à la première chambre…..et là, nous avons tous un peu de travail à faire…


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