26 décembre 2013

Droit de grève, c’est maintenant ou maintenant !

L’état de notre économie, le niveau de confiance des investisseurs étrangers et des nationaux, le sentiment d’injustice que peuvent ressentir les salariés, l’insécurité permanente dans laquelle se trouve l’entreprise, nécessitent des réformes majeures et courageuses en dehors de toute tentation dogmatique.

Au Maroc, nous vivons une expérience politique à visage démocratique qui nous procure une stabilité de façade. Mais sans une dynamique économique et sociale concomitante, nous restons dans un développement non durable…

L’incantation, le populisme ne sont pas une politique. Ce sont nos actes et notre courage qui déterminent notre patriotisme et notre sens de l’intérêt général.

Il y a au moins un acquis sur lequel toutes les parties prenantes sont d’accord aujourd’hui : le progrès économique se conjugue avec le progrès social, et le progrès social avec le progrès économique.

Forts de cela, nous pouvons bâtir les socles nécessaires à la création de richesse et par conséquent, créer les conditions pour que l’entreprise, seule créatrice de richesse, puisse travailler, innover et se développer en intégrant toutes les parties prenantes au sein de son entreprise.

En cela, la confiance installée entre le patronat et les syndicats au Maroc est une avancée historique sur laquelle il faut bâtir une dynamique de progrès. Nous savons que le secteur privé doit jouer un rôle majeur dans cette dynamique économique et sociale.

Pour y arriver, il est vital de lever tous les freins à la confiance et à l’investissement. Dans ce cadre, le droit de grève doit être organisé, encadré, afin que les salariés puissent jouir de ce droit constitutionnel et que les entreprises puissent jouir de leur droit de travailler.

Aujourd’hui, nous sommes arrivés au seuil de tolérance zéro. La situation devient inacceptable car n’importe qui, n’importe quand peut casser un outil de travail et mettre en péril une économie et des points de croissance dont nous avons besoin.

Quand l’économie est en danger, des salariés agressés, la puissance étatique se doit de ne pas rester inerte. Quand les jugements sont prononcés pour l’arrêt d’une grève, ils doivent être appliqués.

Comment accepter qu’un groupe de salariés sans légitimité syndicale puisse déclencher une grève ?

Défendre les droits bafoués des salariés est fondamental, mais cela doit se faire dans des cadres de concertation normalisés et ils existent. La maturité des centrales syndicales aidant, avec le patronat, il a été mis en place un dispositif de médiation pour prévenir les conflits. L’expérience a montré que lorsque celui-ci a été déclenché, 100% des conflits ont été réglés.

Aujourd’hui, il y a une réelle convergence d’intérêt entre les syndicats et le patronat marocain y compris l’Etat pour organiser l’exercice du droit de grève.

Pour les syndicats, grâce à un texte sur le droit de grève, ceux-ci seront renforcés car seuls les syndicats représentatifs pourront déclencher une grève et à défaut de syndicat au sein de l’entreprise, un comité de grève créé avec une majorité des salariés sera légitimé.

Ceci est un moyen efficace pour lutter contre la fragmentation du champ syndical (plus de 35 syndicats).

De plus, la liberté syndicale est acquise constitutionnellement et totalement intégrée par le patronat. C’est dire les avancées que le patronat marocain a fait ces derniers temps. Faire le déni de ce postulat, c’est se mettre en danger social.

Convergence d’intérêt avec les entreprises car celles-ci veulent faire ce qu’elle savent le mieux : investir, créer des richesses et des emplois à la clé et ce dans la sérénité. Plus les règles seront claires, plus les syndicats sont partenaires et impliqués, plus notre pays avancera dans le progrès humain.

Enfin, l’Etat trouvera son compte dans un texte car il aura moins de conflits à gérer et sera moins sollicité du fait d’un dispositif qui responsabilisera les acteurs sociaux : patronats et syndicats.

Un texte sur la grève n’est pas un luxe, mais bien une nécessité absolue pour notre économie et un message fort à la communauté économique nationale et internationale y compris aux salariés.

L’IPE vient d’être validée par le patronat et les syndicats. Cela montre que les uns et les autres peuvent se mobiliser pour l’intérêt général.

2014 est l’année du courage politique et des réformes que j’appelle absolues ! Celle sur le droit de grève est vitale. Le chef du gouvernement s’y est engagé dés 2012, l’ancien ministre de l’emploi pour le premier trimestre 2014.

Après 2014, nous entrerons dans des années de campagnes électorales et cela n’est jamais bon pour l’économie, ni pour le social.

L’engagement doit être tenu pour crédibiliser la parole politique et redonner confiance aux acteurs économiques et sociaux qui sont également des citoyens.

Nous sommes dans un moment propice car les lignes ont bougé au sein des centrales syndicales. Avant c’était non. Aujourd’hui, ils disent oui mais. C’est un pas historique.

2014 doit entrer dans l’histoire car c’est l’année où le texte sur le droit de grève devra voir le jour dans l’intérêt du Maroc et des Marocains.

Droit de grève : c’est maintenant ou maintenant !