Le 11 mai 2010

Dialogue social, il est temps d’innover !

Alors que nous devons faire face aux différentes crises, que donner du sens à nos actions devient une nécessité dans un monde qui va de plus en plus vite, l’heure est à l’audace ! Le Maroc est en pleine ébullition économique avec des projets d’envergure qui laissent augurer une croissance économique durable. Toutefois, n’oublions pas que nous devons rattraper un retard social important. Pour cela, la logique du chéquier ne peut fonctionner, et pour cause…

La compétitivité de nos entreprises laisse à désirer et toute velléité d’augmentation inconsidérée serait ravageuse face à nos concurrents. De la même manière, si les fruits de la croissance ne sont pas partagés avec les salariés, notre modèle n’a aucun sens. Rappelons-nous le dernier discours de Sa Majesté qui nous invite à réfléchir à un nouveau contrat social.

Le moment est venu d’aborder cette réflexion sans passion, mais avec raison. Notre chance, aujourd’hui, c’est la disposition des partenaires sociaux à discuter et vouloir installer un climat de confiance durable, sans revenir sur le passé. Il nous importe d’écrire les pages de l’avenir. Pour cela, seul un dialogue structuré et organisé dans le temps et dans l’espace nous aidera à faire en sorte que chacun se sente respecté et que ses points de vue soient débattus sans jugement de valeur. Défendre ses convictions de manière argumentée et non passionnelle ou dogmatique est la condition clé d’un dialogue social efficace. Pour ma part, j’ai toujours prôné une relation sociale directe avec les syndicats représentatifs afin de créer un dialogue permanent et respectueux sur des bases rationnelles. Nous avons besoin de syndicats forts qui respectent l’entreprise et ses actionnaires, et qui défendent les droits des salariés. Tout comme l’entreprise ne peut continuer à précariser ses salariés. Heureusement, le tissu économique national est en évolution permanente. Mais il reste néanmoins des acteurs économiques peu scrupuleux de l’éthique et du respect des hommes. Un dialogue constructif est aussi celui qui innove et qui crée des mécanismes nouveaux pour améliorer la vie des salariés en veillant aux équilibres de l’entreprise et de l’état régulateur. Régulateur mais avec un rôle de contrôle et de lutte contre l’informel ! Il faut le dire et l’écrire : l’amélioration des conditions sociales et des rémunérations passe par une lutte acharnée contre l’informel. L’impôt qui ne rentre pas dans les caisses de l’Etat est un manque à gagner important. Tout le monde le sait, mais… Alors, à force de vouloir taxer l’entreprise qui paye ses impôts, nous n’aurons plus d’entreprises du tout. Elargissons l’assiette, diminuons les taxes des entreprises et augmentons le pouvoir d’achat. Le dialogue social, c’est aussi parler de tout cela ! Toutes les parties prenantes du dialogue social savent maintenant que nous n’avons plus d’autre choix que de parler et de travailler ensemble. Le dogme doit laisser la place au pragmatisme et au sens des responsabilités. L’avenir de notre pays est en jeu et particulièrement celui des générations futures. Ne gâchons pas cette opportunité de dialoguer différemment et durablement. Innovons et avançons !


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