Le 01 déc 2009

Des travailleurs marocains à l’étranger : la Diaspora marocaine ?

La communauté marocaine vivant à l’étranger ne pouvait rêver meilleure reconnaissance que par le Souverain qui tout au long de ses discours insiste sur la nécessité d’intégrer la diaspora dans toute politique de développement national et de lui réserver la place qui lui revient.

Une page se tourne donc. Des TME qu’il fallait encadrer et surveiller à travers les amicales, à des RME et MRE « apporteurs » de devises, nous allons devoir passer à une véritable culture de diaspora active pour l’intérêt de son pays d’origine sans pour autant renier ses valeurs et ses identités plurielles. Le monde a changé : Nous avons une diaspora active aujourd’hui ! De l’envoi des devises nous passons au partage du savoir et de la connaissance. Une réalité nouvelle est née. La diaspora marocaine.

L’image de la mythique 404 Peugeot avec ses deux étages de bagages est bien révolue…même si on retrouve encore trop souvent ces photos pour illustrer ce thème…

Pour accompagner cette nouvelle dynamique, nos institutions de l’intérieur et de l’extérieur, nos médias et le citoyen lambda ainsi que la diaspora elle-même, doivent apprendre à vivre avec cette nouvelle réalité.

A l’heure ou le débat sur l’identité nationale fait rage dans certains pays, nous ne pourrons faire l’économie d’une réflexion similaire sur cette diaspora afin de l’intégrer comme une donnée nouvelle dans les stratégies du nouveau projet de nation qui dot pacifier ses différentes identités pour un bien et mieux vivre ensemble.

Nous ne sommes plus dans une immigration avec objectif de retour, mais bien dans une population qui a choisi de s’ancrer de plus en plus dans le pays d’accueil et ce faisant, y prend des responsabilités économiques, sociales et politiques.

Ce changement s’est opéré du fait des enfants de la deuxième génération mais également des générations qui suivent.

Aussi, l’état marocain doit effectivement mettre en place de nouveaux outils, des processus, mais également des hommes et des femmes capables de comprendre ces évolutions et de proposer une stratégie qui puisse répondre aux besoins respectifs des trois parties : la diaspora, le pays d’origine et le pays d’accueil.

C’est un nouveau paradigme dans lequel nous devons entrer pour faire évoluer notre environnement sur cette question si nous ne voulons pas rester dans le stade émotionnel :NTA OULED LBLAD !

La construction identitaire est souvent difficile au sein des communautés binationales. C’est pourquoi, le message est à construire et à communiquer et partant, il doit être le plus clair possible pour lever les ambigüités. Pour cela, nous ne ferons pas l’économie du travail de mémoire, tant notre histoire d’immigration est riche.

La diaspora marocaine ne se résume pas en chiffres d’entrée aux frontières, ou de devises. Derrière les mots, il y a des hommes et des femmes avec des parcours, une histoire jalonné de joies et de douleurs.

En d’autres termes, la diaspora n’est pas une chose conjoncturelle que l’on agite au gré des saisons mais bien une communauté avec un savoir, savoir être et un savoir faire disponible pour leur pays d’origine et leur pays d’accueil. Oui j’ai bien dit ET et non OU. Notre défi est d’assumer ce double statut nonobstant l’environnement qui très souvent nous accule vers un choix cornélien. On ne choisit pas entre son père et sa mère. Ainsi soit-il…..

Aujourd’hui on constate un intérêt du pays certes croissant y compris de la part des dernières générations, mais il n’en reste pas moins que de nombreux problèmes subsistent.

Des problèmes d’affirmation des identités, des problèmes de statut lorsque l’on décide de rentrer travailler dans le pays d’origine, un accueil exécrable et pas de réponses adaptées dans les chancelleries des pays d’accueil, un accueil folklorique dans le pays d’origine avec des séjours vécus parfois de manière douloureux eu égard aux tracasseries administratives sans oublier ce regard empreint d’envie et de haine pour ce que l’on peut représenter dans l’imaginaire des gens.

Le propos ici, n’est pas de singulariser cette diaspora mais bien d’imaginer les conditions d’une relation efficace entre les parties prenantes et qui soient durables.

C’est un travail de longue durée et nous nous ne positionnons pas en donneurs de leçons mais bien dans une démarche de contribution dynamique et cela à la place qui est la nôtre en tant que ONG totalement apolitique et dévolue à l’intérêt général et ne revendique aucun étendard si ce n’est celui de faire avancer une idée, des valeurs et un projet.

L’heure est à l’écriture d’une nouvelle histoire car le monde a changé, la typologie de cette communauté à évolué fortement ainsi que ses besoins.

C’est pourquoi, notre initiative à travers RIDM, se veut contributive à ces pages d’une histoire qui je l‘espère se fera avec la diaspora marocaine.

Le terme de diaspora sert à désigner toutes sortes de phénomènes résultant de migrations de population dans plusieurs pays, à partir d’un foyer émetteur.

3 caractéristiques essentielles :

  1. la conscience et le fait de revendiquer une identité ethnique ou nationale.
  2. l’existence d’une organisation politique, religieuse ou culturelle du groupe dispersé (vie associative).
  3. l’existence de contacts sous diverses formes, réelles ou imaginaire, avec le territoire ou le pays d’origine (l’intégration d’un groupe diasporé ne signifie pas l’assimilation dans le pays d’accueil).

On parle de diaspora depuis le XXe siècle pour désigner d’autres communautés : la diaspora arménienne, la diaspora irlandaise, la diaspora kurde, la diaspora italienne, la diaspora africaine, la diaspora chinoise, la diaspora palestinienne, la diaspora libanaise (voir aussi diaspora arabe), la diaspora coréenne, ou encore la diaspora québécoise. La diaspora juive étant la plus ancienne et ce depuis l’antiquité. Aujourd’hui, nous parlons de la diaspora marocaine.

Problématiques de la diaspora qui est rentrée ?

  • Les membres de la diaspora qui font le choix d’un retour temporaire ou définitif éprouvent un grand nombre de difficulté à s’intégrer dans leur pays d’origine
  • Du fait d’un décalage culturel évident et de mode de fonctionnement qui appartient à un autre référentiel, notre population a besoin de construire de nouveaux repères
  • Difficulté à se loger, à trouver un travail qui permettent d’amortir les chocs culturels, à trouver la bonne école pour ses enfants, à tisser un réseau social pour accompagner son intégration etc…
  • Gérer la difficulté à exprimer le fait d’assumer une double appartenance dans un contexte qui vous conditionne à faire un choix sous peine de passer pour un « non patriote ».
  • Partager ses projets de contributions sociales, culturels ou économiques avec des personnes qui entendent le projet et qui nous ne feront pas passer pour des donneurs de leçons mais simplement pour des citoyens acteurs dans leur environnement.

D’où un premier débat ce soir, sur le thème : Le retour de la diaspora, du mythe à la réalité mais qui ne répondra à lui seul à toutes les questions encore sans réponses.

  • Etat des lieux, de qui parle-t-on?
  • Doit-on considérer un binational comme un citoyen comme les autres ?
  • Combien sont-ils? Il est temps de s’y intéresser.
  • Les freins en amont et en aval ?
  • Les motivations pour un retour éventuel ?
  • Les critères d’acceptations sont-ils tolérables ?
  • L’obligation de choisir entre un statut et une culture ?
  • Un nouveau type de racisme ?
  • Rôle de l’état dans sa capacité à intégrer ?
  • Les difficultés d’intégration ?
  • La dualité culturelle ?
  • L’acceptation de l’individu par son environnement ?
  • Quelle cohabitation possible?
  • Le retour dans le pays d’accueil doit-il être vécu comme un échec ?

Autant de questions que nous voulons aborder pour commencer à réfléchir sur un modèle d’intégration d’une communauté qui ne dit pas son nom.

Il n’y pas de réponse toute faite mais commencer à poser les bonnes questions, c’est se donner les moyens et l’envie d’esquisser un début de réponse.

L’ambition de RIDM, est de fédérer pour mieux intégrer et faire grandir l’idée d’une nation plurielle ou la différence est véritablement une richesse et ce, au-delà du discours convenue.

Le développement de notre pays ne peut attendre davantage. Beaucoup de chantiers ont été lancés. Celui de la diaspora est d’autant plus sensible et complexe que celle-ci ne se trouve pas que sur le territoire, avec des modes de fonctionnement différents, des cultures différentes.

Proposer un projet « Diaspora marocaine 2020 »

  • Identifier les besoins de chaque génération de la diaspora marocaine et élaborer une stratégie en conséquence
  • L’état marocain doit préciser : Repenser le rôle et les missions des différentes structures opérant dans le périmètre de la diaspora et de former leurs équipes en conséquences.

A l’heure ou beaucoup veulent partir, il nous faut collectivement les aider à continuer de croire que le Maroc reste un pays du possible.

A ceux qui ont fait le choix du retour, il nous faut collectivement, les regarder et les accepter tel qu’ils sont sans chercher à les assimiler et faire en sorte que différence rime avec richesse.

Responsables politiques, gouvernementaux, leaders d’opinions, médias, société civile, saisissons cette question avant qu’elle nous saisisse et qu’il ne soit trop tard.

Réunir ce qui peut sembler épars, est le défi qui s’offre à nous pour redonner confiance et recouvrer l’énergie nécessaire pour que le développement du Maroc se fasse sans exclure et que le patriotisme n’ait pas de frontière, géographique, linguistique ou culturelle, dés lors, la diaspora marocaine est un levier incontournable dans le nouveau projet de société du Maroc.


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2 réflexions au sujet de « Des travailleurs marocains à l’étranger : la Diaspora marocaine ? »

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