6 décembre 2013

Cherche sommet social désespérément…

Tout le monde s’accorde à dire que le chômage est devenu une priorité nationale, que notre modèle de croissance basé essentiellement sur de bonnes saisons agricoles ne peut que générer de la fébrilité.

Nous savons également que l’entreprise est, la clé dans tout modèle de développement et principal créateur de richesse. Par ailleurs, il nous faut accepter que les partenaires sociaux sont devenus incontournable dans la mise en place d’une démocratie sociale pour asseoir la compétitivité de nos entreprises. Enfin, il y a une unanimité certaine sur la défaillance de notre système d’éducation et de formation est obsolète.

Au-delà des mots, que pouvons nous faire ? À qui la faute ?

L’heure est à la mobilisation et non à la recherche de bouc émissaire. Car nous sommes tous coresponsable de cette situation.

La question alors est pourquoi avons-nous du mal à sortir de ces fléaux ? Les mesures prises des différents gouvernements ont-elles été efficaces ? Les mondes économiques et syndicaux sont-ils suffisamment mobilisés ?

Il est temps aujourd’hui de mettre sérieusement ces préoccupations au centre du débat national auprès de l’ensemble des acteurs de notre pays. il s’agit ici, de mettre en face de leurs responsabilité, la société civile, les opérateurs économiques, les politiques et les partenaires sociaux.

Nous ne pouvons plus mettre notre destin entre les mains de la pluie, des seuls investisseurs étrangers ou de bailleurs de fonds internationaux. Il nous faut inventer et construire notre modèle de croissance et de société dans lequel chacun trouve la place qui lui convient et dans laquelle il devra rendre des comptes.

Dans son discours en 2009, Sa majesté le Roi, Mohamed VI, nous invitait à bâtir ce nouveau contrat social. IL est temps de se mettre à la tâche.

Peu importe nos croyances, nos convictions, seul doit nous animer l’intérêt de notre pays, de nos entreprises, de nos salariés qui sont aussi des citoyens.

Investir, payer ses impôts, former ses collaborateurs tout au long de la vie, créer des emplois durables, respecter la législation en vigueur doit être la règle et non l’exception.

Loin de tout dogme , il nous faut définitivement installer un climat de confiance entre les partenaires sociaux ( patronat et syndicats), les salariés et l’administration.

Si le civisme économique, fiscale et social est un devoir pour les opérateurs, ceux-ci ont un droit qui doit être garanti par le législateur et appliqué par l’administration. Le droit de pouvoir commercer dans un environnement juridique et fiscal sain, flexible, avec des règles concurrentielles transparentes et des recours simples et efficaces.

Il est urgent de rétablir cette confiance entre le monde économique, l’administration et les partenaires sociaux pour bâtir ce nouveau modèle de société indépendamment de la couleur politique des gens en place. Il faut que chacun accepte l’autre comme un partenaire et non comme un adversaire.

Il est important pour nous de montrer une image mobilisée pour que celle-ci soit porteuse d’espoir et que nous soyons tous engagés vers cette création de richesses qui, de fait, crée de l’emploi.

Aujourd’hui plus que jamais, la CGEM s’ancre résolument dans cette marche vers le progrès économique et social et la réussite pour tous. C’est pour cela, que la confédération a initié un véritable dialogue direct avec les syndicats sans tabous pour initier un changement structurel dans la manière d’appréhender la relation entre les entreprises, les syndicats et les salariés.

Un premier pas a été franchi avec les rounds sociaux qui ont permis d’aplanir les différents liés à des problèmes de perception. La seconde étape est le pacte social qui a été proposé par la CGEM aux centrales syndicales . Celui-ci va permettre de mettre en place des groupes de travail pour amorcer les chantiers importants et mettre en perspective les évolutions nécessaires à la croissance de notre pays et par conséquent à la création des richesses et leurs meilleures répartitions ;

La mondialisation impose un rythme à l’entreprise et la pousse à s’adapter en permanence. C’est pourquoi le législateur doit être formé aux questions économiques pour mieux en saisir les enjeux, et permettre ainsi aux entreprises de s’adapter.

Nos défis, quels sont-ils ?

Bâtir un nouveau modèle de croissance, un contrat social équitable, Imaginer le travail de demain, changer le rapport au travail pour les salariés, avoir une vision nouvelle de l’entrepreneuriat et de l’entreprise,

Accepter le rôle fondamental des partenaires sociaux, ne plus former des compétences ou des filières dont notre pays n’a plus besoin, voilà nos véritables défis pour les années à venir.

Faire prendre conscience aux opérateurs économiques, la place qu’ils doivent occuper et le rôle qu’ils doivent assumer dans la l’intégration, la formation et l’accompagnement des jeunes diplômés en particulier.

Accepter l’idée que le système d’éducation ne peut fournir des individus expérimentés d’ou la nécessité de contribuer aux développements de leurs compétences au début de leur carrière professionnelle.

Qu’on le veuille ou non, la notion de contrat de travail évolue. La flexibilité n’est plus un débat, mais bien une exigence pour le service de l’entreprise. Pour autant, cette flexibilité ne peut et ne doit se faire en précarisant les salariés. D’où la nécessité absolue d’imaginer notre fléxicurité.

Nous devons accepter le fait que notre modèle économique et social actuel n’est plus adapté.

C’est pourquoi, nous avons besoin d’un sommet social pour mettre à plat l’ensemble de nos problématiques et définir ensemble une feuille de route qui ferait l’adhésion de tous.

Il appartient au politique de s’approprier ce sommet social et de faire fi de toute paternité et d’impliquer dés lors, la société civile et les partenaires sociaux. Il est urgent de ne plus attendre car la stabilité de notre pays est à ce prix.

Un sommet social n’est pas un show organisé à Skhirat mais bien un processus à engager pour proposer une feuille de route qui va au delà d’une législature car il implique l’avènement d’une société nouvelle.

Pour garantir le succès de ce sommet social, il nous faut :

• Aborder tous les sujets sans tabous et sans aucun dogme
• Parler un langage juste et sincère pour développer la confiance et la relation avec les parties prenantes dans une démarche volontariste, privilégiant le dialogue plutôt que la confrontation
• Une reconnaissance mutuelle des droits et devoirs de chaque partie prenante
• Privilégier l’intérêt général sur les comportements partisans
• Intégrer toutes nos démarches dans une vision globale et de long terme
• Fixer des livrables précis et un calendrier
• Un pilotage et une gouvernance partagé entre les parties prenantes

Nous sommes dans un nouveau siècle, ou la technologie s’impose à nous, où la vitesse d’exécution devient un enjeu de survie pour nos entreprises et par conséquent un défi pour nos indicateurs macro et micro économiques.

L’avenir de notre économie et de notre société est entre les mains des parties prenantes.

L’Etat, les opérateurs économiques, les syndicats et la société civile sont et doivent être les chevilles ouvrières de ce modèle de société.

Notre seul ennemi, c’est nous même.

Alors, mobilisons-nous et donnons une dimension nouvelle au mot patriotisme et faisons en sorte que le rêve marocain devient une réalité pour chaque citoyen ;

Il y a des temps dans l’histoire d’un pays, qu’il ne faut pas rater. Pour nous c’est maintenant!